Les espèces phares de Prunelli di Fium'Orbu

 
 

Héron pourpré

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8 couples de Héron pourpré ont été découverts en 2006 sur la zone humide Gradugine-Canna (D. Levadoux, G. Faggio). Cette espèce a été observée également en 2018 et 2021 ce qui indique son installation pérenne sur le site. La connexion et la proximité des différentes zones humides entre l’étang de Palo au Sud et Terrenzana au Nord est essentiel au maintien de cette espèce. Cet oiseau est très sensible au dérangement et est rare en Corse.

Rémiz penduline

Le Rémiz penduline a été observé en 2021, une attention particulière peut être portée sur cette espèce considérée comme en « critique d’extinction » au niveau national.

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Cistude d'Europe (photo Lily Chiari)

La cistude d’Europe semble apprécier l’embouchure du Fium’Orbu et de l’Abatescu. Il n’est pas rare de voir quelques tortues se réchauffer au mois de mai au bord des cours d’eau. L’espèce fréquente également non pas directement le marais mais les canaux de Canna (D. Levadoux, G. Faggio, 2006). Elle est bien présente sur la zone humide et sur l’étang ou elle semble apprécier l’herbier à cornifle submergé (Ceratophyllum submersum) (D. Levadoux, G. Faggio, 2006).

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Hibiscus à cinq fruits (photo Caroline Favier)

 
 
 

Kosteletzkya pentacarpos ou Hibiscus à cinq fruits est une espèce de plante rare et protégée qui est présente à la lisière des roselières du site. Cette espèce qui fleurit de juillet à septembre est présente dans 4 zones en Corse : à l’étang de Biguglia, à Pinia, sur les pourtours de l’étang de Gradugine et au nord de l’étang de Palo.

Elle est considérée comme « vulnérable » à l’échelle européenne et nationale et « en danger d’extinction » en Corse ; une station à Bonifacio à disparue.

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Orthetrum de Sicile

 
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Les zones humides sont également le terrain de jeu des libellules et demoiselles mais aussi des amphibiens et reptiles. Plusieurs espèces ont été recensées comme l’Agrion mignon (coenagrion scitulum), le Leste brun (Sympecma fusca), l’Orthétrum de Sicile (Orthetrum trinacria) et l’Agrion de Gené (Ischnura genei).

 

Milan royal

Le milan royal est un rapace dont les populations s’effondrent dans plusieurs pays européens, ainsi que dans toute la Méditerranée, sauf en Corse où il trouve suffisamment de ressources alimentaires et des milieux favorables à sa reproduction. L’espèce bénéficie d’un plan national d’action pour faire face à l’effondrement des populations nicheuses en France. Il est sédentaire et peut s’observer toute l’année en Corse et notamment en Balagne où sont concentrées les plus importantes populations. Plusieurs couples nichent sur la commune de Prunelli di Fium’Orbu. Il se nourrit certainement des micro-mammifères qu’il peut aisément repérer dans les parcelles agricoles. Son maintien sur la commune dépendra de la ressource disponible et de la conservation des nids.

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Œdicnème criard

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L’œdicnème criard est avant tout un oiseau nocturne et discret, il a toutefois été aperçu ou entendu à plusieurs reprises dans les champs et prairies à l’Est de la commune entre la nationale et le marais. En période de reproduction, il recherche des milieux chaud et sec à végétation rase (pelouse sèche, friches, champs cultivés, etc.). L’œdicnème est présent en Corse entre mars et octobre, il migre ensuite vers l’Afrique pour hiverner. Cet oiseau est un limicole ce qui veut dire qu’il fréquente préférentiellement pendant l’hivernage ou les haltes migratoires, les zones humides littoral. La population nicheuse Française est estimée entre 10 000 et 20 000 couples et en 2004 seulement 15-16 couples nicheurs étaient recensés en Corse (C Jolin, 2007). Il a disparu de plusieurs pays Européen et est considéré comme vulnérable en Corse même si aujourd’hui la population semble s’améliorer. L’usage des pesticides, el retournement des prairies et l’extension de la monoculture sont les causes principales de la diminution des œdicnèmes. Cet oiseau trouve donc sur la commune de Prunelli des pratiques agricoles qui lui sont favorables.

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Tortue d'Hermann

La tortue d’Hermann est aujourd’hui un reptile très menacé et vulnérable. Historiquement, elle occupait l’ensemble de la région méditerranéenne français mais aujourd’hui, ses derniers refuges se limitent au Var et à la Corse. Sur l’île, la Tortue d’Hermann se retrouve essentiellement sur la plaine orientale, dans le golfe d’Ajaccio et dans l’extrême Sud. Les individus que l’on peut croiser ailleurs proviennent d’introduction ou de population relictuelle (PNA, 2018-2027).

 

La tortue d’Hermann est bien présente sur la commune, elle se retrouve à la lisière des forêts, dans des prairies arborées ou en mosaïque avec du maquis bas ou des ronciers. On retrouve plusieurs individus à proximité des habitations, proche des jardins proches dans des milieux qui lui sont favorables. Elle fréquente également la partie littorale, à proximité des roselières. Afin de préserver cette espèce, il convient de maintenir les milieux qui lui sont favorables et de lui assurer la possibilité de se déplacer librement à travers ces milieux.

 
 
 

Pie grièche à tête rousse

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La pie grièche à tête rousse (Lanius senator) se reconnait facilement à sa calotte rouge-orangée. C’est la sous-espèce Lanius senator badius que nous pouvons observer en Corse. La Pie-grièche à tête rousse a besoin d'un milieu semi-ouvert situé dans un secteur ensoleillé et parsemé d'arbres aux branches basses, qui lui permettent de chasser les insectes à l'affût au-dessus d'un sol très dégagé, à végétation au moins partiellement rase, voire un sol nu. Elle est donc dépendante de paysages façonnés par l’élevage extensif. Elle était bien plus répandue à la fin du 19e et au début du 20e siècle. A cette époque, son aire de répartition s’étendait même jusqu’en et en Normandie. L’aire de nidification de cette pie-grièche a reculé progressivement suite à l’abandon du pastoralisme et donc à la recolonisation des milieux forestiers. Les deux sous espèces (continentale et Corse) sont classées « quasi menacée » au niveau national et la sous-espèce corse est classée « vulnérable » au niveau régional. La pie grièche à tête rousse a été observée à Tozza di Pagliaro dans le Nord-Ouest de la commune. La partie agricole de la commune de Prunelli lui est pour le moment favorable à condition de maintenir des possibilités de nidification (buissons) et de chasses (perchoirs et sols découverts) au sein des prairies pâturées et des friches. 

 

Machaon et Marbré vert (photos de Lily Chiari)

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28 espèces de papillons ont été recensées sur la commune dont aucun n’est protégé. Ils sont observés dans les friches, en lisière de parcelles agricoles et sont dépends de la présence de certaines plantes hôtes sur lesquels les chenilles se développent avant de devenir papillon. Le maintien de ces espèces sur la commune dépend donc du maintien de ces espaces fleuris. Ils sont particulièrement vulnérables au réchauffement climatique, l’utilisation de pesticide et l’artificialisation des milieux.

 

Noctule de Leisler (photo Yann le Bris)

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La Noctule de Leisler est assez commune en Corse et plus généralement dans le sud Est de la France, elle hiberne dans des cavités arboricoles et vient chasser dans les vergers et en lisières de forêt.

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La Barbastelle d'Europe (photo C. Robiller)

La Barbastelle d’Europe est une espèce rare en Corse. Les femelles utilisent les cavités des arbres pour mettre bas.

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La Grande Noctule (photo GCC)

La grande noctule est la plus grande des chauves-souris d’Europe elle est très rare et très peu observée en Corse. Seulement deux individus ont été capturés en Corse ces dix dernières années. Elle gîte dans les arbres en hiver comme en été. Elle peut parcourir plusieurs dizaines de kilomètres pour venir se nourrir en plaine. L’étude réalisé n’a pas permi d’identifier des gîtes arboricoles, elle n’est  probablement que de passage.

Cerf élaphe de Corse

 
 
 

Cerf élaphe de Corse est endémique à la Corse et à la Sardaigne et est adapté aux zones d’altitudes. Il avait disparu de l’île dans les années 1960 (chasse non contrôlée, braconnage, réduction de sa niche écologique, etc.). Un programme de réintroduction du cerf, mené par le PNR de Corse, débuta au début des années 70, avec un premier lâché en 1998 (vallée d’Asinau, Quenza). Dix autres opérations ont suivi ces quinze dernières années avec 320 animaux relâchés sur cinq secteurs dont le Fium’Orbu (Chisà, Serra-di-Fium’Orbu). La population est estimée entre 1200 et 1300 individus sur le secteur du Fium’Orbu (Rapport d’activité, PNRC, 2019-2020).

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Cordulie méridionale

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Agrion joli

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Les odonates constituent un groupe d’espèces emblématiques des zones humides. Certaines sont « opportunistes » et s’accommodent facilement aux modifications des leur habitat, d’autres plus sensibles peuvent décliner. Ce sont 36 espèces qui ont été recensés sur la commune (la maille française la plus riche de l’Atlas européen des libellules cumule 66 espèces).

Certaines ne se retrouvent qu’aux abords des cours d’eau ou plans d’eau continentaux (non littoraux). Parmi elles, la cordulie méridionale (Stomatochlora meridionalis) « quasi menacée » en Corse (liste rouge de l’UICN). L’Agrion joli (Coenagrion pulchellum) apprécie les cours d’eau à végétation immergée ou flottante, elle est « vulnérable » en France et « quasi menacée » en Corse. D’autres espèces plus communes sont également présentes comme l’Agrion délicat (Ceriagrion tenellum) ou l’Agrion Mignon (Coenagrion scitulum).

 

Ailante glanduleux

L'ailante glanduleux originaire du sud de la Chine a d’abord été cultivé dans les jardins d’agrément puis planté à grande echelle en France pour nourrir un vers à soie et ainsi soutenir la sériculture mis à mal par plusieurs maladies qui attaquent les mûriers. Cet arbre extrement invasif n’est encore présent que ponctuellement sur la commune, principalement au bord du Fium’Orbu. Des opérations d’élimination sont possible avant que l’espèce ne se disperse.

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Raisin d'Amérique

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Le raisin d’Amérique est originaire de la côte est de l’Amérique du Nord, elle a été introduite en Europe au début du 17ème siècle puis cultivé en méditerranée pour ses fruits qui servent à teinter les vins de moindre qualité (technique rapidement abandonnée). Cependant, la plante s’acclimate et devient envahissante. Sa dispersion rapide est principalement le fait des oiseaux qui consomment les graines. On la retrouve également tout le long du Fium’Orbu et ponctuellement sur les berges et atterrissements de l’Abatescu.

Crapaud vert des Baléares

 
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Le crapaud vert des baléares est le seul crapaud en Corse, il est présent actuellement en Alsace, en Lorraine, en Franche-comté et sur l’île. Il vit en plaine et s’accommode de milieux peu végétalisés et de points d’eau temporaires de faible profondeur et souvent perturbés par des activités anthropiques (tels que des mares, des ornières, des flaques dans les carrières ou des bassins de rétention). Cette espèce est exposée à un risque d’extinction à moyen terme sur le territoire français c’est pourquoi il fait l’objet d’un Plan National d’Action. Sur la commune, le crapaud vert a principalement été observé dans les zones urbanisées mais il n’est pas exclu qu’il soit présent vers la gravière ou sur le littoral.

Murin du Maghreb (photo GCC)

 
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Le Murin du Maghreb, considéré comme vulnérable en Corse, a été capturé sur quatre sites et trois gîtes sont connus sur la commune. Ils apprécient particulièrement les caves et cuves viticoles. Les mâles s’installent sous le pont du Fium’Orbu pour chanter et attirer les femelles.

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Murin à oreilles échancrées (photo GCC)

Deux importantes colonies de 400 individus de Murin à oreilles échancrées ont été recensées sur la commune et semblent se maintenir. Cette espèce de chauves-souris emprunte les ripisylves pour se déplacer jusqu’à son lieu de chasse favori. Elle est donc dépendante du bon état de ces dernières.

 

Murin de Capaccini (photo JY Courtois)

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Le Murin de Capaccini, est classé par l’UICN comme une espèce « en danger » en Corse. Il a été détecté sur trois sites et un individu a été capturé au-dessus du Fium’Orbu. Cette espèce exclusivement aquatique est rare. Les individus contactés proviennent certainement d’un gîte majeur au niveau du barrage de Sampolo car aucun gîte n’a été répertorié sur la commune.

Grand rhinolophe (Photo Marie Jullion)

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Le Grand Rhinolophe, a été observé dans la tour de Calzarellu et ce bâtiment abritait au printemps une centaine d’individus. Peu de gîtes sont connus en Corse pour cette espèce qui semble utiliser cette tour comme gîte de transit

 
 
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Petit rhinolophe (Photo Ludovic Jouve)

 Petit Rhinolophe est une espèce bien répandue sur la commune puisque 11 gîtes ont été inventoriés. Cette espèce apprécie également le petit bâti dans les espaces agricoles (pagliaghji, granges, etc.). Bien que commune en Corse, elle doit faire face à l’abandon du bâti qui se dégrade et ne lui devient plus favorable.

 

Des chauves-souris comme le Petit Rhinolophe ou la Pipistrelle commune viennent chasser sous les lampadaires car ces derniers attirent bon nombre d’insectes. Mais ce sont seulement quelques espèces téméraires, et au vol suffisamment rapide pour éviter les prédateurs, qui prennent le risque de se mettre à la lumière pour profiter du festin. Les points lumineux ont un effet de répulsion sur les autres espèces et viennent troubler leur rythme biologique.

 
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Hérisson d'Europe

Le Hérisson d’Europe aurait été introduit en Corse dès le 4ème millénaire avant JC ce qui fait de lui une espèce naturalisée et considérée comme indigène à l’Île. Il se retrouve aussi bien dans les villages que dans les campagnes. Cet animal nocturne a besoin d’un nid toute l’année pour se cacher et se protéger des intempéries, celui-ci peut varier selon la saison. Son domaine vital couvre 1,8 à 2,5 hectares et le territoire de chasse du hérisson s’étend généralement sur un cercle de 4 kilomètres dont le centre est son terrier ce qui le rend vulnérable face aux voies de circulations. Il se retrouve également bien souvent nez à nez avec un obstacle infranchissable qui l’empêche de se déplacer pour se nourrir ou retrouver ses congénères. Ce petit mammifère est menacé en France notamment par les collisions routières, la fragmentation de son habitat et la régression de ses ressources alimentaires (limaces, escargots, petits insectes qui diminuent dans les jardins avec l’utilisation de pesticides).

 
 

Chouette effraie

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La Chouette effraie est aussi appelée chouette des clochers. Elle fréquente les jardins et vergers en périphérie des villages où elle chasse les petits mammifères. Elle a besoin de gîtes diurnes pour passer la journée tranquillement. Ce gîte peut être une cavité dans un vieil arbre, un trou dans un rocher, une vieille bâtisse ou un vieux bâtiment agricole. Elle a été observée sur la commune dans une cave viticole.

Elle est attirée par les bords de route, souvent riche en rongeur, ce qui cause souvent sa perte par collision.

Mimosa d'hiver

 

Le Mimosa d’hiver (Acacia dealbata) aussi  appelé le mimosa d’hiver car il fleurit de janvier à mars est originaire d’Australie du Sud et de Tasmanie. Il peut rapidement former des peuplements denses et rentrer en compétition avec la flore indigène et donc modifier les milieux.

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